Coco Briaval, la musique comme ADN

Formé au milieu des années 1960, le Gypsy’s Swing Coco Briaval a évolué au fil des décennies sans jamais renier ses origines : le jazz manouche en famille. Retour sur un demi-siècle de mélodies dansantes, d’Eygalières à Cabannes en passant par Paris et Saint-Rémy...

Capture d’écran 2017-03-28 à 21.12.21Une vieille mandoline accrochée au mur de la maison fami- liale à Eygalières... Voilà comment a débuté l’incroyable aventure de Coco Briaval !
“Elle appartenait à un ami de mon grand-père. Sauf qu’elle n’avait pas de cordes, alors j’ai défait des vieux câbles de vélo et je me suis mis à en jouer”, se remémore “Coco”, 68 ans, Henri pour l’état-civil. C’est lui qui est à l’origine de la formation qui, depuis plus d’un demi-siècle, jouit d’une réputation flatteuse entre jazz manouche et standards américains. La suite, ce sont les gammes de la guitare, apprises au contact d’un professeur, “un vieil italien qui réparait des saxophones à Avignon”, avant de se perfectionner au contact de Loulou Aprin, à Châteaurenard, qui faisait alors des tournées avec Colette Renard... Le temps que Gilbert et René, ses frères cadets de quatre et deux ans, se mettent respectivement à la batterie et à la guitare, et voici qu’en 1964 ils rejoignent Henri, qui a déjà créé “Les Briavals” l’année précédente.

DEXTER GORDON, NOUGARO, GRÉCO, OTTIS REDDING...

L’envol vers Paris, où les carrières s’écrivent en lettres capitales, ne va pas tarder. Et si tous les chemins mènent à Rome, le plus court en direction de “Lutèce” passera par Arles, comme un symbole. Entre deux enregistrements de musique folklorique, orchestrés par la maison de disque Philips spécialement venue pour ces sons de galoubets et tambourins, la fratrie insiste et obtient gain de cause auprès de Francis Héritier, président du jazz club d’Arles, pour être audi- tionnée. Le temps que la cassette (eh oui, nous sommes dans les années 60 !) arrive sur le bon bureau et l’histoire est en marche ! Une rencontre avec Jean-Louis Foulquier, animateur radio et futur créateur des Francofolies de La Rochelle, accélère le tempo. En composant le générique de l’émission “Entrée Libre” pour France Inter, Coco, René et Gilbert changent en effet de dimension. S’ensuivent vingt-cinq années à partager la scène avec les plus grands : Bécaud, Aufray, Gréco, Nougaro... sans oublier les pointures Dexter Gordon, Ottis Redding... Un destin à “l’internationale” même, tel l’hymne révolutionnaire dont leur version instrumentale jazz manouche figurera en 2000 sur la bande originale du film du même nom, réalisé par Peter Miller.

CINQ DOIGTS DE
LA MAIN NOMMÉS COCO, GILBERT, ZÉZÉ, PASCAL ET CHANTAL

Et puis, en 1990, rattrapés par “leur sang de sudiste”, Coco and co quittent la lumière parisienne pour l’ombre de la Provence, entre Cabannes et Saint-Rémy où ils créent le Festival de Jazz. La musique est toujours bonne, et la famille aussi nombreuse que prometteuse. Zézé (saxophone) et Pascal (guitare) - les fils de Coco - intègrent le Gypsy’s Swing Coco Briaval, comme Chantal, la fille de René qui ne fait plus partie du groupe. Elle partage le chant avec ses oncles, également auteurs- compositeurs. “Les enfants vont s’y mettre, il leur faut le déclic, ça viendra”, sourit Coco. “Travailler en famille permet d’anticiper nos humeurs, nos mouvements”, conclut le leader du band de jazz manouche. “Cela facilite la cohésion, disons que nous sommes comme les cinq doigts delamain!”Ilyabienun sixième musicien, parfois, un contrebassiste. Officiellement, il ne fait pas partie de la famille. Mais sur scène, c’est une autre histoire...