Reporter d’hier, photographe d’avenir

Avec son Graflex Speed Graphic, incontournable dans les années 50, François Colin suscite la curiosité partout où il flashe. Un travail photographique à découvrir à Saint-Rémy de Provence, du 14 avril au 9 mai...

sl17Surfer sur Internet en 2017 depuis Maillane pour connaître le fonctionnement d’un appareil photo de presse datant de 1946, et dont la fabrication a été inter- rompue en 1973 aux Etats-Unis... Voilà sans doute la définition du progrès ! Telle est la démarche de François Colin, photographe chevronné et passionné de reconstitution historique, détenteur de cette “légende” depuis plus de quatre ans.

“Je l’ai acheté chez un ami, dans un dépôt-vente à Toulon, je l'ai retapé et, désormais, je ne m’en sépare plus”, confie ce professionnel, qui aime se plonger dans la peau (costume à l’appui !) du reporter d’hier et même d’avant-hier. Un rôle sur mesure pour celui qui, depuis, est le photographe le plus... photographié ! “Forcément, l’appareil attire l’attention. Les gens m’interpellent et des liens se tissent”, poursuit François Colin, qui présentera quelques clichés en 10x24 mais aussi en 50x70 lors de prochaines expositions dans les Alpilles. C’est à la Cour des Arts, à Saint-Rémy de Provence, qu’il aura le plaisir de présenter son “binôme” qu’il rêve de faire parler. “Ce Graflex Speed Graphic a dû être le témoin de moments incroyables de l’histoire du XXe siècle, de Marylin Monroe à la guerre d’Indochine...” Des instantanés pour l’éternité que le Maillanais entend reproduire aujourd’hui. “Tous les réglages manuels sont millimétrés : le diaphragme, la luminosité, le contraste, la mise au point... J’ai tout appris en traduisant des documents d’époque et j'achète les ampoules pour le flash dans un stock aux Etats- Unis. On trouve encore quelques pièces sur E-Bay mais jusqu’à quand ?”, regret- te-t-il, d’où son envie galopante de partager ce savoir-faire unique, qu’il conjugue au présent entre traditions provençales, spectacles, portraits de familles et autres scènes de la vie quotidienne. Chambre noire, révélateur, fixateur, bain de sélénium... soit un vocabulaire inédit pour les jeunes générations qui, pourtant, ont vu un jour ou l’autre un vieux cliché de leurs aînés. “Là, on n'est pas dans le clic-clac, on peut dire qu’on sculpte la photo de groupe”, glisse François Colin, le Graflex accroché à l’épaule... et le numérique dans la sacoche.

En mode commando pour le 70e anniversaire de la Libération de la Provence à Aix, sur les traces de Cézanne au pied de la Sainte-Victoire ou de Mistral dans son village natal, il continue de chercher des photographes des années 45-50, pendant la Seconde Guerre Mondiale notamment. Avec la ferme intention de saisir le témoin pour mieux le transmettre, sur papier ou sur la toile.

EXPOSITIONS...

à Saint-Rémy (la Cour des Arts) du 14 avril au 9 mai, Mouriès du 19 mai au
10 juin, Eygalières, Maillane... et bientôt dans les communes du pays d’Aix.