L’esprit de Glanum par Henri Demarquette

Le grand violoncelliste, habitué des scènes les plus prestigieuses, dit ici sa passion pour le festival Les Antiques de Glanum à Saint-Rémy de Provence, où il sera le 23 juillet.

C.W. : Vous voici devenu un habitué du festival Les Antiques de Glanum. Pourquoi ce choix ?

H.D. : J’y reviens en effet pour la deuxième année consé- cutive, et avec un immense plaisir. Glanum, et c’est la clef d’un festival réussi, c’est d’abord un site exceptionnel. Un lieu propice à la réflexion, à l’inspiration, à la poésie. Un endroit rare, unique, où se mêlent l’art, l’histoire et la nature. J’insiste : la nature est ici très importante, pres- qu’autant que l’homme.

La présence des ruines, évoquant un passé deux fois millénaire, les bruits et les lumières de la nuit, tout cela crée une atmosphère un peu mystique, qui fait de chaque représentation une sorte de célébration, laissant à chacun à la liberté de s’évader et de rêver.

C’est aussi un site qui peut accueillir un large public, et pour moi, jouer, c’est partager avec le plus grand nombre. Enfin, il y a la personnalité de Dominique Oger, qui a créé ce festival, et qui par ses choix de programmation, a su lui donner une couleur, un esprit tout à fait singuliers. Entre Rome antique et roman- tique. Le jeu de mots est facile ; l’entreprise, audacieuse. Mêler l’opéra et la littérature, la musique et la poésie, personne ne fait plus ça de nos jours.

Pour oser ce pari, il fallait quelqu’un qui ait le sentiment profond du lieu, une immense

conviction, un amoureux fou de Glanum. C’est ce qui fait la spécificité de ce festival, sa valeur, et son devenir.

C.W. : C’est difficile de jouer en plein air, dans un espace aussi vaste ?
H.D. : Pour moi, qui suis un grand partisan de la sonorisation, jouer en plein air ne pose pas de problème particulier. C’est affaire de technique et de matériel. On sait faire. Si on est capable d’enregistrer de la musique en studio, il n’y a aucune raison que l’on ne puisse pas obtenir la même qualité en extérieur.

C.W. : Que jouerez-vous, ce 23 juillet ?
H.D. : Ce soir-là, les voix seront à l’honneur. Le violoncelle y aura tout naturellement sa place. C’est l’instrument le plus proche de la voix humaine, masculine ou féminine. Et j’ai toujours adoré travailler avec des chanteurs.

Avec Paul Montag au piano, nous donnerons deux œuvres : une musique de Paganini sur un air de Rossini, et une variation de Beethoven sur un thème de la Flute enchantée de Mozart.