Le melon de Cavaillon, conte et légende 

Au Japon, le melon est vendu à prix d'or dans des écrins tel un bijou ou autre pierre précieuse. Oui ! Là-bas ce fruit est vénéré, presque déifié ! Car les autochtones de cette contrée raffolent de la cucurbitacée à la chair orangée, verte ou jaune, cette même cucurbitacée qui pousse si bien en Provence, à l'ombre du Luberon et aux abords de la Durance. Entre autres melons, ils sont particulièrement friands de l'espèce nommée Yubari, considérée comme un véritable produit de luxe aux lignes parfaites et au goût exquis. Voilà donc ce qui unit Japonais et Provençaux : l'amour du melon ! A cette différence près : ici en Provence, le melon n'est pas Dieu mais Religion, un art, un savoir-faire ancestral ! Par Loetitia Manent

Cultivé depuis, presque, la “nuit des temps”, il se raconte en images et saveurs aux environs de Cavaillon.  L’origine de cette plante herbacée reste encore incertaine, mais beaucoup la disent africaine. Les égyptiens cultivent déjà le melon, 500 ans avant JC. Puis il transite par la Grèce et l'Italie avant d'arriver en France bien plus tard. En effet, c'est Charles VIII qui l'introduit au XVème siècle dans l’Hexagone, notamment celui en provenance du domaine de Cantaluppo à Rome, nommé Cantaloup, et plus communément le “Charentais”.  La reine Jeanne II de Naples l'utilisait déjà pour sa propriété anti-vieillissante. Elle appliquait sur son visage de fines tranches de melon pour lui garantir un teint éclatant. Car au plaisir des papilles s’ajoutent des propriétés curatives et préventives. Voici la liste, non exhaustive, de tous les secrets et bienfaits qu'il recèle : puissant diurétique, propriétés laxatives, limitation du vieillissement prématuré de la peau, antioxydant, participe au maintien de l'acuité visuelle, protège la rétine, réduit les risques de maladies graves, d'hypertension artérielles, d'anémie et d'arthrite, stimule le système immunitaire, lutte contre l'état dépressif avec son fort taux de sérotonine, freine les inflammations des organes et de la peau, donne de l'éclat “and the last but not the least”... intensifie le bronzage. Le melon est donc indubitablement LE partenaire santé de vos étés !  Actuellement, on compte près de 1 000 variétés de melons différentes. Il ne faut pas confondre le melon avec ce que l’on appelle le melon d’eau qui est en réalité une pastèque. Le melon, ou Cucumis melo, appartient à la famille des Cucurbitacées. Sa chair juteuse et sucrée fait de lui le produit phare de l’été. Il existe de nombreuses variétés de melon, comme le melon hivernal, de couleur jaune et de forme ovale à la chair très pâle. Mais le plus consommé par les Français reste le melon Cantaloup- Charentais, rond et à la chair orange. Il est cultivé dans le sud de la France et dans la région centre ouest. Le melon se sème de mars à juin, sous tunnels plastiques ou en intérieur, pour une récolte de mi-juillet à mi-octobre. Dès que la plante a formé 3 à 5 feuilles, il convient de couper la tête en pinçant la tige principale pour favoriser l'apparition de nouvelles ramifications (activité de repiquage cruciale). Opération à renouveler dès l'apparition de nouvelles tiges. Lorsque le melon est à son tour formé, il est nécessaire de couper au-dessus de la feuille située après le fruit. Ses besoins en soleil (garant du goût et du taux de sucre), eau, engrais riches en potasse sont importants, afin de maintenir un sol frais mais non inondé. Attention : en théorie les feuilles des melonnières ne doivent jamais être mouillées pour éviter la propagation de champignons (mildiou, moisissures blanches, ou oïdium du melon, tâches brunes : maladies évitées par le positionnement de paillages). En règles générales, la récolte du melon a lieu environ deux mois après le repiquage.  Le melon offre un feu d'artifice de saveurs et compte un nombre incalculable d'adeptes... En smoothies, sorbets, salades, cru, nature, en entrée comme en dessert, en brochettes, pour les amoureux de sucré salé, avec du jambon de Bayonne, des tomates cerises et des dés de mozzarella, il existe une multitude de façons de déguster le melon. Très peu calorique, il s’intègre très bien dans les régimes avec son indice glycémique faible. En outre, il apporte à l’organisme du potassium, du magnésium, du calcium, des vitamines C et A et du fer. On peut donc, à l'envi, en user et en abuser car il est garant d'une alimentation saine.  Lait démaquillant naturel : mélanger la pulpe d’un demi melon avec 3 cuillères à soupe de fromage blanc à 40% de matières grasses. Appliquer le mélange sur le visage en évitant le contour des yeux. Conserver cette préparation au frais, dans un récipient fermé. Et pour redonner de l’éclat et tonifier sa peau, imbiber un coton de jus de melon.