Coups de projecteur sur Rossellini, en attendant Scola

L’édition 2018 du Festival de cinéma italien, organisée par le Fonds Jane Eakin à Ménerbes, était consacrée cet été à Roberto Rossellini. L’oeuvre et la vie du père du néoréalisme ont attiré un public fervent tout au long de ces quatre jours très intenses. C’est aussi aux deux femmes de sa vie qu’Annie Montagard a voulu rendre hommage : Anna Magnani et Ingrid Bergman qui, tour à tour, ont marqué de leur personnalité respective l’inspiration du cinéaste. “Stromboli”, réalisé en 1949, a attiré la foule sur la jolie place de l’Horloge pour voir ou revoir une Ingrid Bergman plongée dans la tragédie de l’Histoire. Quant à Anna Magnani, le film de Chris Vermorcken présenté à Ménerbes, a mis en lumière le destin de cette femme que les italiens ont adulée jusqu’à sa mort en 1973 et qui reste à ce jour l’héroïne incontournable des plus beaux films de Roberto Rossellini, comme “Rome, ville ouverte” ou “Païsà”. D’autres rencontres ont eu lieu, comme la conférence de Laura Vichi sur Rossellini, le documentaire “Je suis Ingrid” de Stig Bjorkman, la rencontre avec la réalisatrice Chris Vermorcken et la lecture de la correspondance entre Roberto Rossellini et Ingrid Bergman menée par Jean- Claude Delalondre et Catherine Alias. La conférence de David Butcher consacrée au peintre Giorgio Morandi a remporté un succès incroyable, les salles de la Maison Dora Maar, qui accueille chaque année le Festival, ayant été prises d’assaut pour découvrir ce peintre discret et mystérieux dont on peut apercevoir une oeuvre d’ailleurs dans le film "La Dolce Vita" de Fellini avec l’inoubliable Marcello Mastroianni. Pour boucler cette session riche en découvertes, la soirée de clôture a accueilli près de cent personnes dans le beau jardin de Lord Davies autour d’un dîner italien concocté par le restaurant “Italie làbas !” d’Avignon et accompagné par les vins du Domaine des Jeanne avec, en prime, la venue du jeune chanteur anglais Joe Slater. 2019 est en préparation et notre réflexion porte sur un autre grand du cinéma italien : Ettore Scola, avec l’actrice italienne Stefania Sandrelli qui a marqué par sa présence et sa beauté des films comme “Nous nous sommes tant aimés” et “La terrasse”. “Notre volonté étant chaque année de faire découvrir un cinéaste et de rendre hommage également à une femme, via le Fonds Jane Eakin”, confient les organisateurs.